dimanche 23 novembre 2008

RASSEMBLER LES CENTRISTES


"Comme si la réalité de demain ne devait pas être faite de l'utopie d'hier et d'aujourd'hui" André Gide
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Je ne me reconnais pas dans les partis politiques actuels dont les dirigeants imposent aux militants une non-liberté de penser dès qu'ils s'expriment à l'extérieur.
La langue de bois exige de chaque élu qu'il fusse toujours en accord avec les décisions imposées d'en haut.
Quand des députés ou des sénateurs proposent un amendement, dans la quasi totalité des cas, il est "escamoté" en seconde lecture. Un exemple tout récent : la proposition d'imposer les indemnités de départ de + 1 million d'euros (les fameux parachutes dorés) a été rejetée.
Je sais que des députés et des sénateurs de la majorité actuelle veulent plus de justice sociale (la volonté de mettre en place le RSA en est la preuve) mais à chaque fois la "protection" accordée aux plus riches détruit dans l'opinion cette impression.
La crise actuelle qui n'en est qu'à ses débuts confortera cette sensation d'injustice permanente car la crise justifiera tous les excès (licenciements, fermetures d'usines...).
Réformer c'est aller dans le sens de la plus grande justice pour tous.
Autoriser le travail le dimanche n'est pas une liberté. Quel travailleur pourra refuser ce qui est présenté comme un "choix" !
Généraliser le travail le dimanche c'est faire imploser notre société.
Quelle vie familiale ! Ne parlons pas du plaisir de se promener, de la joie de faire une activité sportive, de l'impératif besoin spirituel, et même tout simplement de ne "rien faire". Prendre son temps avant de ne plus avoir le temps.
D'ailleurs la vraie question à poser ne l'est jamais : Vous qui souhaitez faire vos courses le dimanche accepteriez-vous de travailler le dimanche ?

Quand des élus de la nation, et ceci dès le simple conseiller municipal, se mettent en opposition uniquement parce que celui qui propose est dans le camp adverse je ne peux me sentir en accord avec cette attitude.
Quand l'ambition et les égos deviennent l'ultime but de l'action politique, et nous le constatons ces jours avec l'implosion du Parti Socialiste, vers qui peut se retourner le citoyen ?
Quand un homme n'est entendu que lorsqu'il aborde les questions morales (je parle de François Bayrou) et qu'il a perdu année après année la quasi totalité des femmes et des hommes qui se retrouvent dans le centrisme je me pose des questions !
Je n'ai plus d'ambition politique, je la consacre à la gestion de ma ville, mais j'ai le désir de contribuer au rassemblement des centristes afin qu'ils retrouvent leur liberté d'expression.
Je sais que l'on nous fait remarquer que le centre est plus à l'aise avec les élus et l'électorat de la droite modérée démocrate !
C'est exact...comme le centre est aussi à l'aise avec les élus et l'électorat du centre gauche modéré !
Mais je ne suis pas à l'aise ni en accord avec les élus et l'électorat de la gauche idéologique qui va d'une majorité du PS en passant par les communistes et l'extrême gauche.
Je ne vois pas comment Mme Ségolène Royal peut s'allier avec François Bayrou ou réciproquement pour une raison simple : ils ont tous les deux l'ambition de devenir Président de la République et ils sont tous les deux de la même génération.
Je ne vois pas comment l'UMP pourra logiquement après 2012 ( à moins que les événements d'ici cette date bouleversent l'échiquier politique) échapper à la lutte des ambitions des successeurs du président actuel !

Je pense (même si c'est iconoclaste de l'écrire) que l'élection présidentielle dans sa forme actuelle est néfaste : depuis maintenant 43 ans (1965 première élection présidentielle) elle divise profondément la France en deux camps quasiment égaux.
Pendant au minimum un an avant chaque présidentielle les antagonismes et les ambitions bloquent quasiment toutes les décisions indispensables pour notre pays (imaginez simplement que l'élection présidentielle se déroule actuellement en pleine crise financière et économique !).
Après, trop souvent, les vainqueurs subissent l'ivresse du pouvoir pensant qu'ils détiennent un chèque en blanc !
Je ne sais quelle serait la solution pour sortir de ce dualisme terrifiant mais je pense que des femmes et des hommes pourraient réfléchir et proposer des solutions pour rétablir les conditions d'une démocratie apaisée.

On me taxera d'utopique comme utopique pourrait être de vouloir rassembler les centristes !

Obama, voici un an à peine, était utopique en laissant espérer qu'un homme noir pourrait devenir dans un pays que l'on présentait comme profondément raciste président des Etats-Unis !

L'utopie nait de la volonté de femmes et d'hommes de vouloir un monde meilleur (je ne dis pas parfait) pour nos enfants et petits-enfants, de cette sensation qu'il est possible de "renverser les montagnes".

Beaucoup ont en leur coeur cette flamme qui nous permet un jour d'atteindre les plus hauts sommets et les terres les plus inhospitalières, de franchir les océans les plus tumutueux, et pour certains êtres comme Soeur Emmanuelle par exemple d'atteindre le coeur des femmes et des hommes dans ce qui fait la grandeur de l'être humain.

Je sais que je suis loin dans ce texte d'un simple journal d'un simple élu municipal mais j'ai besoin actuellement, car je sais que nous allons vivre des temps difficiles, d'exprimer mon espoir dans la révolte de l'homme devant le fatalisme inhérent à beaucoup.

Albert Camus l'exprime encore mieux que moi dans son livre "L'homme révolté" : Apparemment négative, puisqu'elle ne crée rien, la révolte est profondément positive puisqu'elle révèle ce qui, en l'homme, est toujours à défendre".
Daniel Meindre

dimanche 16 novembre 2008

UN AN APRES

Certains ont été surpris de mon silence depuis mon dernier article sur la journée des Elus à Chambéry. Deux raisons : la première provient du travail, jour après jour, pour mettre en place la cérémonie du 11 novembre, la seconde est le souhait de faire le point un an après deux décisions que j'assume pleinement prises voici un an.
Je reviens sur cette commémoration - voir le blog du Souvenir Français : http://souvenirfrancaiscomitemaurienne.blogspot.com/
qui a demandé un long travail de préparation et qui, je le pense, a été appréciée par la quasi totalité de la population. Ma volonté, et je remercie Jean-Marc Guilley et Pierre-Marie Charvoz, était de rassembler toutes les générations ainsi que des communautés qui, trop souvent, ne considèrent pas que ce 11 novembre est essentiel pour préserver et renforcer l'unité nationale. La présence de jeunes accompagnés de leurs enseignants et de leurs parents a été aussi une source de joie et de réconfort. La mission qui m'a été confiée d'animer avec Jean-Marc Guilley la commission "Commémorations" me conforte dans l'idée qu'être élu c'est participer et travailler pour les citoyens de notre ville.
J'ai aussi le souhait de faire le point après deux décisions prises voici un an, la première fut celle de quitter l'UDF, la seconde d'accompagner Hervé Bottino avec qui j'ai tissé des liens d'amitié et de confiance depuis bientôt 20 ans.
Je ne sais si j'avais raison mais je sais que l'on ne refait jamais le passé et que d'un mal peut naître un bien.
Mes convictions centristes n'ont pas changé depuis bientôt 40 ans (j'ai commencé à participer à la vie publique à 22 ans). J'ai accompagné Valéry Giscard d'Estaing, Raymond Barre et François Bayrou lors des différentes campagnes présidentielles tout en gardant ma liberté de penser sans jamais être dépendant des consignes d'un parti politique. Ce fut le cas encore lors des dernières élections législatives où j'ai apporté à titre personnel mon soutien à Michel Bouvard.
Lors des municipales j'ai accepté d'accompagner Hervé Bottino car je sais que c'est un homme rigoureux et droit.
J'ai sûrement commis l'erreur de croire qu'il était possible de créer une liste indépendante de tout parti politique. Ce ne fut plus le cas lors des dernières semaines de la campagne et surtout entre les deux tours.
Ceci explique que, sur ce même blog, j'ai indiqué que je retrouvais ma totale indépendance lors des décisions et des votes à venir.
Je sais que je me trouve dans une situation qui peut apparaître "inconfortable" à certains mais qui pour moi est un gage de liberté.
Etre centriste c'est croire que la vérité n'est détenue par personne.
Ce qui signifie que dans le cadre de mon mandat je travaille avec un seul objectif : contribuer au développement de cette ville que j'aime, participer aux réunions de travail de façon positive, approuver toute décision qui va dans ce sens, voter contre en expliquant ce choix et si possible en proposant une alternative.
Pourquoi l'exprimer aujourd'hui ?
Pour deux raisons : la première est que Saint Jean de Maurienne est confrontée à des choix essentiels pour son avenir, la seconde que le monde va profondément changer dans les années à venir.
Nous sommes dans l'an un du 21ème siècle avec d'une part une crise financière dont nous ne connaissons toujours pas à ce jour les conséquences et l'élection d'un homme , Barek Obama, qui modifie complètement la perception que nous pouvons avoir du devenir de l'humanité.
Les femmes et les hommes politiques de notre pays ne peuvent plus s'exprimer avec le langage du 20ème siècle.
Les ambitions des nouvelles générations vont s'exprimer autrement.
Déjà certains se voient "calife à la place du calife" !
Personne ne détient une majorité absolue.
Il faudra concilier la morale avec le réalisme économique.
Il n'est pas acceptable par exemple qu'un "préjudice moral soit évalué à 40 Millions d'euros" sachant que cette somme représente 3333 ans de travail d'un salarié payé 1000 euros par mois !
Toute indemnité exceptionnelle doit être liée aux résultats de l'entreprise.
Si nous ne remettons pas l'homme au centre de la vie il ne faudra pas être surpris qu'un jour l'homme se révolte contre une vie d'injustice.
J'espère me tromper en écrivant sur ce même blog que "que 2009 pouvait être une année tragique".
La politique-fiction est un art difficile mais parfois utile afin d'apporter, modestement, ma contribution à une vie meilleure pour les générations à venir.
Daniel Meindre